Conception / Interprétation : Manu Laskar
Collaboration artistique / Interprétation : Jenny Teng
Co-production 1:00 AM / La Ménagerie de Verre / Le
Palais de Tokyo
Créé à la Ménagerie de Verre en
Novembre 2007 (Festival Les Inaccoutumés)
Durée : 15 mn
The Shower Stuff est une performance/installation
pour deux corps, chant et vidéo. C'est une pièce
qui fait jouer l'espace entre voix, corps et image. Elle a
été créée pour l’espace
de la Ménagerie de Verre à Paris.
Les corps sont enfermés dans les douches.
L'action à l'intérieur des douches est filmée
et diffusée en temps réel sur un grand écran
placé dans le Hall. Le chant est quant à lui
directement audible grâce à l’acoustique
du Hall : il s'échappe des douches, circule à
travers le puit et les escaliers, de l’étage
jusque dans le Hall. Sa présence réelle révèle
la présence réelle des corps.
Un dispositif vidéo projette une
encre noire et ondulante qui envahit l’espace des douches,
glisse le long de ses parois et évolue sur les corps
(cette pièce vidéo a été créée
dans l’eau avec de l’encre de chine). Sous l’effet
de cette matière, les corps descendent lentement au
sol, puis traversent le faisceau du projecteur, ce qui a pour
effet de projeter leurs ombres, agrandies, sur le mur des
douches où la matière est projetée.
Les ombres des corps sortent du champ de
la projection. Les corps réels réapparaissent
ensuite dans le Hall, présents devant l’écran
ou est projetée la même matière qui était
projetée dans les douches, puis figurent un baiser.
Pendant l’acte du baiser, de l'encre leur sort par la
bouche et coule à nouveau, cette fois réelle,
le long des corps, jusqu’au sol. Les corps s’en
vont et il ne reste plus que des taches d’encre au sol.
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Photographies n/b : Copyright Jérémie
Logeay
Gros Plan / Les Inaccoutumés
Du 6 novembre au 8 décembre 2007,
la Ménagerie de Verre vibre au rythme du festival Les
Inaccoutumés, qui réunit des compagnies françaises
et internationales parmi les plus novatrices.
C’est toujours un plaisir que de plonger dans la programmation
des Inaccoutumés : les tout jeunes artistes côtoient
des chorégraphes et performers reconnus ; les propositions
artistiques sont un régal de diversité. Une
seule caractéristique les rassemble : la vigueur et
la radicalité des choix esthétiques. On découvrira
ainsi une performance / installation de Manu Laskar pour deux
corps, chant et vidéo, imaginée pour l'espace
des douches de la Ménagerie de Verre. On retrouvera
ensuite le performer, danseur, chorégraphe et ancien
policier Frans Poelstra, qui nous amène notamment à
reconsidérer le rôle des objets en scène
: souvent confinés au rôle d’accessoires,
ils deviennent ici des révélateurs d’intimité,
déjouant l’illusion de contrôle que l’on
a sur eux et se chargeant, peu à peu, de questions
et d’enjeux existentiels. Rachid Ouramdane, dans Un
garçon debout, propose à Pascal Rambert –
auteur, metteur en scène, qui interprète ce
solo – de « faire paysage » avec un jeu
d’images vidéo et un guitariste live, cependant
que François Chaignaud nous propose de renouer avec
le plaisir du trouble qui caractérise ses installations
et spectacles (…). Plusieurs propositions visent à
troubler ou reconfigurer notre vision de la danse et du corps
dansant. C’est le cas de Maria Jerez, qui questionne
la place du spectateur en fragmentant la « réalité
» de ce qui est donné à voir. Julie Nioche
nous invite elle aussi à un voyage perceptif, dans
un « espace où il est encore possible de laisser
s’exprimer les désirs hétérogènes,
contradictoires et changeants ». Une façon, aussi,
de donner à penser ce que la danse dit de nous –
danseurs ou spectateurs.